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Gestion du temps : photographe freelance, comment s’organiser.

Gestion du temps : photographe freelance, comment s’organiser.

Quand on veut devenir photographe freelance, deux types de problématiques vont très vite se présenter qui vont vous imposer une méthode organisée de gestion du temps. Planning, organisation des tâches, méthode : ce n’est pas le plus fun mais vous n’y couperez pas.

La première problématique concerne l’alternance entre le taf du salariat et celui, justement, de votre activité photo professionnelle. Il vous faudra donc très probablement jongler entre ces deux mondes, du moins au début. Ici, c’est la gestion du temps de travail qui se pose comme challenge. 

La seconde, c’est le fait de travailler une bonne partie du temps à la maison. Être à son compte est un vrai plaisir, et ce qui donne au statut d’entrepreneur un idéal à atteindre. Mais on le verra en détails plus loin, ce n’est pas toujours idyllique et maitriser sa gestion du temps est capital. 

Dans cet article, je vais mettre sur la table tout ce que j’ai pu apprendre, comprendre et expérimenter depuis 2010 (année de lancement de mon tout premier site web de photographe) sur comment s’organiser au quotidien.

Car depuis 14 ans, j’en ai fais des choses dans ce grand domaine qu’est la gestion du temps ! J’ai suivi des formations pour comprendre les bases, j’ai testé des dizaines d’outils pour optimiser mon temps de travail, j’ai lu (ou écouté) un bon paquet de livres sur le sujet, je me suis même fais coacher !

Et, bien sur, j’ai testé énormément et mettant en place différents outils, plannings et méthodes dans le but, toujours, d’augmenter mon efficacité tout comme mon bien-être.

Bref ! En lisant cet article, c’est un peu comme si vous alliez suivre une petite formation accélérée en gestion du temps avec moi comme prof. 

Quel intérêt d’être bon dans la gestion du temps ? 

Cette question est importante. Y répondre permet de se fixer des objectifs et d’être au clair sur la vraie raison d’investir des heures pour comprendre des stratégies de gestion du temps. 

On peut la poser autrement : Quels bénéfices pourrez-vous tirer à maitriser tel un Jedi des outils et méthodes de gestion du temps ? 

Les réponses sont propres à chacun mais je vous donne des idées qui sont récurrentes chez les photographes freelance : 

  • Optimiser le flux de travail. On le sait, jongler entre les shootings photo, le post-traitement, la paperasse… c’est tout un art ! Mais en apprivoisant les ficelles de la gestion du temps, vous pourrez gérer vos projets de façon plus fluide sans pour autant sacrifier la qualité des prestations (c’est quand même mieux 😁).
  • Gagner en qualité photo. En réussissant à dégager du temps pour se concentrer sur les aspects créatifs et techniques de la photo, vous pourrez devenir un meilleur photographe, tout bêtement.
  • Équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Ça, c’est une grosse source de frustration et surtout de crainte ! Combien de photographes n’osent pas se lancer à cause de la peur de ne pas savoir gérer la succession des temps pros et perso. Donc être capable de délimiter clairement le temps de travail et le temps libre, c’est mieux. 👍
  • Satisfaire les clients. N’oublions pas le but ultime d’un business photo : livrer une prestation à des clients. Le faire en temps et en heure, tout en assurant un travail de top niveau, ça fait gagner la confiance de tes clients. Et qui dit clients satisfaits, dit recommandations, témoignages, … pour un joli cercle vertueux qui s’installe.
  • Croissance de votre entreprise photo. Avec des méthodes de gestion du temps bien rodées, tout devient plus facile. C’est tout un panel d’avantages qui s’ouvre à vous, comme déléguer certaines tâches chronophage ou que vous n’aimez pas du tout (au hasard, la compta 😁), ou encore s’offrir le luxe de réfléchir à des stratégies à long terme pour votre entreprise photo.

Avec tout ça, vous devriez être motivé plus que tout pour transformer votre emploi du temps en un outil diablement efficace.

On peut donc passer à des choses plus concrètes. Commençons par la gestion de votre boulot actuel avec votre activité naissante de photographe professionnel.

La croissance de votre entreprise photo passe (aussi) par une bonne gestion du temps – carlosgaw via Getty Images

Gérer son temps entre le job salarié et le business photo 

Un point sur le salariat

Pour celles et ceux qui connaissent mon parcours, vous savez que je suis moi-même un ancien salarié.

Dans une autre vie professionnelle, j’étais prof’ des écoles. De 2004 à 2013, j’avais ma classe, avec des élèves dedans, des collègues, une hiérarchie. Le tout dans le cocon bien douillet du fonctionnaire d’état. 

Donc je sais que ce statut présente bien des avantages et il ne s’agit pas ici de le décrier.

Certaines personnes seront parfaitement à l’aise avec le fait de passer leur vie au sein d’une même entreprise, là où d’autres auront cette perspective en horreur.

Mais bon. Savoir que la même paye tombe toutes les fins de mois au jour près, connaître ses congés bien définis à l’avance, avoir la protection sociale ou encore la rémunération des heures supplémentaires offrent confort, sécurité et visibilité.

Et pour peu que l’on travaille dans une entreprise en lien direct avec sa passion, entouré de collègues aussi sympathiques que compétents et au service d’un supérieur compréhensif et bienveillant, et on frôlerait presque le paradis sur terre…👼

Seulement voilà (oui il faut bien un “mais”, c’est un peu comme dans les Disney, il y a toujours un moment où ça va se corser), les places de ce genre sont rares et encore plus rares sont les personnes qui avouent s’épanouir pleinement dans leurs vies professionnelles salariées.

Car pour beaucoup, le salariat n’offre que peu de perspectives d’évolution et à tendance à faire ressentir une certaine forme d’oppression.

Si tel est votre cas, rien ni personne ne vous oblige à subir et à voir s’égrainer les années en ressassant toutes les choses que vous auriez voulu/pu faire. 

Déterminer les 5 piliers boussoles

L’idée de créer votre entreprise photo a déjà fait son bonhomme de chemin et vous êtes maintenant sûr de vous : vous aimeriez vraiment quitter votre poste pour vous consacrer plus encore au projet d’une nouvelle vie professionnelle.

Comme il y a peu de chance que vous claquiez la porte vêtu d’un simple caleçon et affublé d’un masque de poulet en mode publicité pour le loto «  au revoir président »  (mais pensez quand même à faire une vidéo si vous optez pour cette option😆 et me l’envoyer !), c’est obligatoire de prendre de l’avance et d’avoir un planning. Une méthode. 

Le but ? Ne pas vous retrouver au lendemain de votre cessation d’activité sans savoir par où commencer. Débordé comme un vieux défenseur face à un jeune attaquant.

Comment faire? Mettre à profit chaque instant pour affiner son projet. Et j’insiste là-dessus ! Chaque minute de réflexion disponible, chaque temps de pause peut-être optimisé.

En attendant que la photocopieuse soit libre, à la machine à café, au réfectoire… les idées ne préviennent jamais et vous tomberont dessus à tout moment de la journée.

Pour profiter de ces jaillissements lumineux, munissez-vous d’un bloc-notes, calepin ou autre carnet afin d’y retranscrire la moindre de vos fulgurances et de pouvoir y jeter un œil au calme par la suite. Le smartphone avec une petite appli de prise de note sera parfaite aussi. Moi, je ne jure que par l’application Bear.

Avec ce genre d’outils, vous créerez facilement des listes d’idées et aussi des listes de tâches. Pas grave si elle devient longue comme un 600 mm f/4, le but ici est de prendre le relais de votre mémoire. 

Il n’est plus à prouver que d’écrire les choses aide à mieux les mémoriser et s’en imprégner (et en plus ça vous donnera l’air de quelqu’un qui continue à bosser sur son temps libre 😉).

Le soir, à la maison, tranquillement, vous prendrez à nouveau quelques minutes pour mettre en ordre, classer ou encore prioriser toutes ces notes. 

Au bout de quelques mois, vous aurez une masse précieuse d’informations, il s’agira alors d’établir 5 gros paquets avec toutes ces idées. Chacun d’eux sera trouvé en rassemblant par thématique vos notes. 

Je vous assure que rien n’est plus puissant que ça. Sans vous en rendre compte, vous commencez à créer les 5 piliers de votre futur business photo.

Avoir ça quand on se lance comme freelance, ça vous donne une clarté irremplaçable. Regardez mes 5 piliers, ils sont ma boussole quotidienne : 

  1. Création de contenu en ligne
  2. Création et Vente de formations
  3. Animation de la communauté d’élèves
  4. Administratif
  5. Formation et développement de compétences marketing et photo
La gestion de votre temps est votre boussole. Elle vous permet de garder le cap sans dévier de vos priorités.

En résumé : 

  • Optimisation des Temps Morts : Capturez chaque idée spontanée sur l’outil qui vous convient le mieux, un bloc-notes ou une app comme Bear, pendant les pauses.
  • Organisation des Idées : Consacrez du temps chaque soir pour trier et hiérarchiser vos notes, vos priorités.
  • Établissement des Piliers du Business : Regroupez vos notes par thèmes pour former les fondations de votre entreprise de photographie, voir émerger vos objectifs.

Deux étapes pour avoir un emploi du temps optimal 

Savez-vous ce qu’il se passerait pour chacun de nous si on devenait immortel ? Nous ne ferions plus rien de nos journées. La raison ? En ayant l’éternité pour soi, nous ne ressentirions pas la sensation de « perdre notre temps ». Alors on finirait pour devenir d’affreuses créatures oisives. 

C’est donc une excellente chose que nous soyons de simples mortels. 

Où je veux en venir avec ces mots quasi-philosophiques ? En ayant un projet de reconversion dans la photo, vous devenez des simples mortels d’un genre particulier. De ceux qui se rajoutent un liste d’actions à n’en plus finir, en plus de leur travail « officiel » de salarié. 

Et ça, ça change tout. 

Vous devenez alors l’exact opposé de l’immortel. Votre but étant de rentrer le plus de d’actions dans 24 heures. 

Pour y arriver, une seule solution : créer votre propre système de gestion du temps vous permettant de barrer une grande quantité de tâches de votre liste. 

Suivez le guide pour apprendre à vous organiser avec méthode :

1ère étape : comptabiliser le nombre d’heures disponibles pour votre projet de photographie pro sur une semaine. 

Vous allez donc commencer par établir un bilan précis de votre emploi du temps hebdomadaire. 

En dehors de vos engagements incontournables comme votre emploi actuel, les responsabilités familiales, et le temps nécessaire pour le repos et les activités associatives par exemple, déterminez combien d’heures vous pouvez dédier à votre projet. Soyez honnête et réaliste ! Le but n’est pas de surcharger votre emploi du temps, mais de trouver un fonctionnement faisable. 

Comme il n’y a rien de mieux qu’un exemple, voici Thomas, un employé de bureau passionné de photo (évidemment 😊), qui rêve de faire de sa passion sa carrière principale. 

Il a décidé de prendre au sérieux son projet de reconversion en photographe professionnel et commence donc par établir un bilan précis de son emploi du temps hebdomadaire.

Voici un exemple fictif  :

Emploi principal :

  • Présence au bureau : 40 heures (du lundi au vendredi, de 9h à 17h)

⠀Responsabilités familiales :

  • Temps avec les enfants et activités ménagères : 15 heures (principalement en soirée et le week-end)

⠀Temps de repos et activités personnelles :

  • Sommeil : 56 heures (environ 8 heures par nuit)
  • Sports et loisirs : 5 heures (le week-end)
  • Activités associatives : 3 heures (le samedi matin)

⠀Temps restant pour la photographie :

Après avoir soustrait les heures consacrées à son emploi principal, aux responsabilités familiales, au repos, et aux activités personnelles, Thomas se rend compte qu’il lui reste environ 14 heures par semaine à consacrer à son entreprise photo.

Il décide d’organiser sont temps et ses heures comme suit :

  • Soirées en Semaine (mardi et jeudi) : 4 heures (de 21h à 23h)
  • Samedi Après-midi : 5 heures (de 14h à 19h)
  • Dimanche Matin : 5 heures (de 7h à 12h)

Pas mal non ? 

Comprenez-moi bien. Ce qu’a fait ici Thomas, ce n’est pas accessoire. Ce n’est pas négociable. C’est in-dis-pen-sable.

On est dans le même cas de figure qu’un plan de financement. Impossible de savoir si on est à l’équilibre sans savoir les entrées et les sorties. 

2ème étape : remplir les heures disponibles par vos 5 piliers. 

Si vous avez bien suivi, grâce à l’astuce simple pour commencer en douceur vue plus haut, vous possédez le graal de votre business photo : vos 5 piliers. 

Une précision : ces piliers sont les super thèmes qui rassemblent tout ce que vous avez à faire dans votre entreprise photo. 

Dit autrement, prenez chaque tâche, quelle qu’elle soit, elle trouvera toujours sa place dans un des 5 piliers. 

On retrouve Thomas, le bon élève, qui a trouvé ses 5 piliers : 

  • Portfolio et présence en ligne :
    • Créer un site web attrayant avec un portfolio mettant en valeur ses meilleurs travaux de mariage.
    • Maintenir une présence active sur les TikTok et Instagram ciblant la région de Clermont-Ferrand, en partageant régulièrement des photos de mariage, des témoignages de clients, et des backstages.
  • Réseau local et partenariats :
    • Établir des relations avec d’autres professionnels du mariage dans la région (planificateurs de mariage, lieux de réception, fleuristes, etc.) pour créer un réseau de recommandations.
    • Participer à des foires de mariage locales et à des événements de réseautage pour augmenter sa visibilité et se faire connaître des futurs mariés.
  • Expérience client et branding :
    • Développer des packages de mariage clairs et attractifs, incluant des séances d’engagement, la couverture du jour du mariage, et des options d’albums photo.
    • Mettre en place un système pour recueillir des avis et des témoignages de clients pour renforcer la réputation et le bouche-à-oreille.
  • Gestion et administration :
    • Organiser efficacement les réservations, les contrats, et la facturation pour chaque mariage.
    • Suivre et analyser les finances pour comprendre les coûts, les revenus, et les marges, et planifier en conséquence.
  • Développement des compétences et style unique photo :
    • Investir dans des ateliers et des cours pour perfectionner ses compétences entrepreuriales.
    • Développer un style unique et reconnaissable, adapté aux préférences et aux tendances des mariés dans la région de Clermont-Ferrand.

Je lui mettrais un bon 19/20, il a bien bossé pendant ses pauses café ! 

L’idée maintenant est de répartir ces piliers dans les 14 heures qu’il peut consacrer par semaine à son projet de reconversion professionnelle dans la photo.

Comment faire ? On rentre là dans la notion de priorités. En gros, c’est à quel pilier donner plus d’heures et à quel en donner moins ?

On peut décider avec ces deux prismes

  1. faire confiance à son ressenti, ses envies du moment, sans autre mot d’ordre que passer du temps sur un pilier qui nous motive dans l’immédiat.
  2. déterminer l’ordre des piliers, du plus au moins susceptible d’accélérer ma reconversion

C’est donc en quelque sorte l’urgence, votre capacité à rester longtemps (ou pas) dans votre boite actuelle. 

J’appelle notre cher Thomas pour illustrer le tout. 

Soirées en semaine (mardi et jeudi) : 4 heures (de 21h à 23h)

  • Développement des compétences et style unique: 2 heures
  • Gestion et administration: 2 heures

Samedi après-midi : 5 heures (de 14h à 19h)

  • Portfolio et présence en ligne: 2 heures
  • Réseau local et partenariats: 3 heures

Dimanche matin : 5 heures (de 7h à 12h)

  • Expérience client et branding: 2 heures
  • Gestion et administration: 1 heure
  • Développement des compétences et style unique: 2 heures
Des piliers bien faits peuvent tenir très longtemps ! – Image par nonbirinonko – Creative Commons

Une astuce pour décupler votre auto-discipline

Dans l’entrepreneuriat, la productivité devrait être érigée au plus haut rang – particulièrement dans le secteur exigeant de la photographie – tellement elle peut changer la face d’une entreprise.

S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que l’auto-discipline seule ne suffit pas. Ni la motivation d’ailleurs. Voyez les deux comme une jauge de Vie dans un jeu vidéo. Plus votre personnage avance, plus la jauge baisse. 

Pareil avec l’auto-discipline. Plus la journée avance, plus les semaines avancent, plus votre jauge sera basse. 

Comment contrer ça ? Voici mes conseils. 

La Réalité de l’autodiscipline

La première étape vers une productivité accrue est la prise de conscience. S’appuyer sur l’autodiscipline est une approche vouée à l’échec pour la plupart, moi le premier. J’ai beau essayer, je ne peux pas me faire confiance à ce niveau. 

Les distractions, notamment celles des écrans, sont des ennemis redoutables de la concentration. 

Prenons l’exemple d’un téléphone portable : une simple notification peut détourner votre attention, perturber votre flux de travail et vous coûter un temps précieux pour vous reconcentrer ensuite. 

Stratégies pour aménager un environnement productif

L’astuce ne réside donc pas dans la capacité à résister à ces distractions (à nouveau, à moins d’être un moine Shaolin, ça ne marche pas) mais dans l’aménagement d’un environnement qui les minimise. 

Voici quelques stratégies testées et approuvées par mes soins :

  • Distance physique avec les distractions : Placez votre téléphone dans une autre pièce pendant que vous travaillez. Cette séparation physique réduit la tentation et favorise une concentration ininterrompue.
  • Gestion des temps de pause : Définissez des moments spécifiques pour vérifier votre téléphone, idéalement lors de pauses planifiées pour éviter les interruptions de votre flux de travail.
  • Ritualisation du sommeil : La lumière bleue juste avant le coucher nuit à la qualité du sommeil. Mettre en place un rituel où, par exemple, un partenaire cache votre téléphone après une certaine heure, peut améliorer significativement la qualité de votre repos. Chez moi, c’est mon épouse qui prend le téléphone à 22h30 et je ne le retrouve que le lendemain !
  • De la musique : Mettez un fond de musique qui vous rappelle des moments heureux de votre vie. Quand je fais ça, c’est tout bête, mais je n’ai pas envie de « trahir » ces moments en perdant mon temps sur le net.

Avec ces mises en place certes mineures, ça peut déclencher une transformation majeure dans votre productivité, vous permettant de consacrer plus efficacement votre temps et votre énergie à votre projet. 

Vous voyez donc que même si savoir organiser son travail est essentiel, d’autres astuces comme celle-ci permettent de trouver un meilleur équilibre dans la gestion de son temps. 

Gérer son temps en travaillant à la maison

On sort du duo salariat-entrepreneuriat pour aller vers le duo famille-entrepreneuriat. Un vrai sujet qui concerne tous et toutes les photographes freelance qui veulent créer et développer leur business photo.

Alors qu’en est-il lorsqu’il faut ajouter à vos nouvelles fonctions d’entrepreneur les aléas de la vie de famille ? Comment bien faire le part des choses entre obligations familiales et professionnelles ? Comment s’organiser au quotidien ? 

On décrypte tout ça ensemble !

Les parents de cette famille de sousis devront être trèèèèès organisés ! – Image par Silvia – Creative Common

Le mot d’ordre : l’organisation

Il n’existe pas de recette miracle ou de formule magique pour que votre vie de famille et votre business photo puissent s’accorder au mieux. 

J’ai eu beau tourner le problème dans tous les sens, cela ne passera que par une organisation rigoureuse et la mise en place de certaines règles auxquelles il faudra ne pas déroger au risque d’y voir plus d’inconvénients que d’avantages. 

Un des aspects les plus importants pour parvenir à un certain équilibre est sans aucun doute le temps (encore lui).

La gestion de votre temps disponible, pour votre famille ou votre activité, doit être analysée, anticipée dans le but de décomposer et d’optimiser chaque créneau horaire de votre journée.

Attention, je ne suis pas entrain de dire qu’il faut dresser un emploi du temps minute par minute !

Vous savez comme moi que la vie de famille implique des imprévus et des variables que rien ni personne ne peut anticiper (au hasard, le petit dernier malade qu’il faut donc garder à la maison)

Il faut impérativement vous appuyer sur ce que vous connaissez le mieux : le fonctionnement interne de votre foyer. Ça, c’est (à peu près) maitrisable, comme décomposer une journée type en fonction des activités de chacun des membres de votre tribu.

C’est cette connaissance qui va vous permettre de définir au mieux quels sont les moments de la journée à privilégier pour tel ou tel type d’activité.

Vous pourrez par exemple privilégier le matin et profiter que les enfants soient à l’école pour vous atteler à une tâche requérant calme et concentration.

Je ne saurais que trop vous conseiller de débuter par les tâches les moins réjouissantes, ce qui vous libérera d’une charge mentale lourde, vous permettant de vous consacrer pleinement et sereinement au reste de votre journée.

Cette technique (commencer par ce qui fait le moins envie) est connue sous le magnifique et très évocateur nom de « avaler le crapaud » 🐸. C’est plutôt parlant non ? 

Là c’est uniquement une question d’expérimentations. Essayez différents rythmes pour voir dans lequel vous vous sentez le mieux. À force vous serez capable de caler dans une journée les différents tâches à faire seront le moment. 

Par exemple me concernant, c’est le soir, de 22h00 à 0h00, quand toute la maison est calme et silencieuse que je suis le meilleur pour écrire mes articles. J’ai besoin du calme de la nuit. Le jour, je peux aussi avoir le silence, mais l’ambiance n’est pas la même. 

Je sais aussi, depuis le temps, que le matin à 9h00, je suis capable d’enchainer les réponse à mes emails à la vitesse de l’éclaire. Je ne cherche pas à comprendre. C’est ainsi, je le sais, et surtout je me respecte à ce niveau de ma gestion du temps. 

Une proposition d’outil de planification et de gestion du temps

Planificateur de gestion du temps pour photographe entrepreneur (à copier-coller sans modération)

Date : _______________________

Module de priorisation des Tâches

  • Liste des Tâches du Jour :
    • _______________________________
    • _______________________________
    • _______________________________
    • _______________________________
    • _______________________________
  • Identifier le « Crapaud » (tâche la moins agréable) :
    • _______________________________
  • Identifier la tâche impérative à accomplir :
    • _______________________________

Module d’expérimentation des rythmes de travail :

  • Journal de Bord :
    • Horaires testés aujourd’hui : _______________________
    • Sentiments & Productivité : _______________________
  • Conclusion :
    • Meilleurs moments de productivité : _______________________

Organiser les temps de famille

Quant aux temps en famille, ils doivent eux aussi être au cœur de toutes vos attentions : repas, temps de jeu, de promenade, aide aux devoirs, moments en tête à tête avec votre moitié, contribuent à votre épanouissement personnel et donc à faire de vous une personne heureuse (le plus fort des super-pouvoirs! ).

D’ailleurs, je glisse en douce une idée que je dis souvent aux élèves de mon programme d’accompagnement : soyez plus égoïste ! 

Oui, développez un état d’esprit où vous vous mettez au centre de votre vie. Vous êtes la personne la plus importante de votre business photo. 

Donc … choyez vous ! Pensez à vous d’abord et avant tout. Un entrepreneur est une personne dont le but premier dans la vie est de développer son bonheur et celui de sa famille. 

Mon objectif ultime dans ma vie n’est pas d’atteindre 1 million de chiffre d’affaires, mais de vivre les moments les plus forts et précieux avec mon épouse et mes filles. Et c’est parce que je vise le million d’euros de CA que je suis en mesure d’atteindre cet objectif ultime. 

Je sais plus que quiconque qu’on peut vite tomber dans le piège du type «  si je passe un après-midi en randonnée, je n’avancerai pas dans mon projet devenir photographe pro ». 

C’est en partie vrai, factuellement. Mais sachez aussi que ces temps sont hyper importants pour votre business. Oui, car inconsciemment votre cerveau, lui, travail sur le projet. D’une manière certes déconnectée des actions concrètes, mais les neurones moulinent toujours. Pour nourrir votre inspiration et votre intuition. 

Mon conseil : marquez avec méthode sur votre emploi du temps des temps non négociables en famille. Ce sont des choses toutes simples comme faire le taxi pour les activités extra-scolaire des enfants, comme le restau hebdomadaire, comme le jeu de société du samedi soir. 

Le frigo est parfait pour afficher vos outils de planification – Image par ShellyS

Deux casquettes pour une seule tête

La double fonction parent/entrepreneur ne doit pas être vue comme un handicap, un poids supplémentaire mais bien comme une chance, un challenge.

En l’abordant de la sorte, vous éprouverez une certaine fierté à vous dire que oui, vous êtes capable de concilier la famille et le business.

La création de votre activité de photographe professionnel comporte des aspects très différents (comptabilité, gestion, communication, relation client…), comme autant de “métiers dans le métier”.

Ajoutez à cela le fait d’être un parent prévenant et un.e conjoint.e disponible et vous voilà transformé en véritable couteau suisse du quotidien ! 

Et puis vous savez quoi ? Vous êtes capable de bien plus que ce que vous pensez ! Oui. Je le dis très sérieusement. 

Optimiser son temps avec les enfants dans les pattes ?

Mettre à mal les clichés (un devoir pour tout photographe😉)

Nous avons tous dans notre entourage des personnes convaincues que la vie s’arrête dès lors que des enfants y font éruption.

“Rien ne sera plus comme avant…”

“C’en est fini de la liberté…”

“Tu peux dire adieu à ta carrière…”

Merci pour ces belles phrases toutes faites mais désolé, je ne suis absolument pas d’accord.

Le fait de travailler depuis chez vous et de pouvoir communiquer à votre descendance sur ce que vous faites comme travail est une chance (oui, vous êtes décidément très chanceux !).

Je suis très fier quand mes 2 filles disent que leur papa travaille à la maison (par contre, je ne sais pas si elles, elles le sont !) 

Ils peuvent ainsi s’impliquer, se projeter et comprendre quelle est la base de votre activité.

Comprendre ces enjeux, les toucher du doigts, les aidera à mieux respecter votre travail et à mieux assimiler certaines règles essentielles à votre bien-être et au leur :

  • On ne rentre pas dans le bureau comme dans un moulin
  • On ne transforme pas l’espace de travail en circuit de course pour modèles réduits (repensez à ce cri de douleur en marchant sur un avion en plastique…).
  • On invite le petit dernier à ne pas s’exercer à la batterie pendant qu’on déclare sa TVA

Vous pouvez formaliser ces règles, les imprimer et les afficher sur le frigo, mettre en place un code couleur, des panneaux de signalisation, des pièges à mâchoires (ça, c’est pour rire hein!).

Une proposition d’outil de gestion des règles de famille

Guide de bonnes pratiques pour l’espace de travail à domicile

Date : _______________________

  • Message d’introduction :
    • « Chers membres de la famille, travailler à la maison est une chance pour nous tous. Cela nous permet de partager notre quotidien et de vous faire comprendre l’importance de mon travail. Cependant, il est crucial d’établir certaines règles pour que l’espace de travail reste un lieu de concentration et de productivité. Merci de votre compréhension et collaboration. »
  • Pourquoi Papa/Maman travaille à la maison :
    • Expliquez en quelques lignes l’importance de votre travail :
  • Règles de l’espace de travail :
    1. On ne rentre pas dans le bureau comme dans un moulin.
    2. L’espace de travail n’est pas la salle de jeu.
  • Affichage des règles :
    • Lieu d’affichage choisi : _______________________
    • « J’accepte de suivre les règles de l’espace de travail et de les respecter pour le bien-être de toute la famille. »
  • Création de signaux visuels :
    • Code couleur ou signaux pour indiquer quand il est possible d’entrer dans l’espace de travail : _______________________
    • Panneaux ou symboles pour rappeler les règles de manière ludique et visuelle : _______________________

Quelques leçons du passé

Les différents confinements ont été révélateurs pour de nombreux foyers.

Ils ont permis une remise en question importante de l’organisation du temps familial, parfois pour le pire, mais aussi pour le meilleur.

Nombre de familles se sont rendues compte qu’avec un minimum d’organisation (encore) et de communication (toujours), gérer une activité professionnelle et le quotidien avec des enfants à la maison était parfaitement possible.

L’entrepreneuriat n’en a rien à faire des notions de week-end ou de vacances scolaires et il y a donc fort à parier que vous vous retrouviez dans le cas de figure où vos enfants seront présents à vos côtés toute la journée, malgré votre charge de travail.

Là encore, croyez-le ou non mais c’est une chance.

Les enfants ne demandent qu’à apprendre et comprendre, vivre de nouvelles expériences et partager votre quotidien.

Je connais un photographe animalier qui embarque systématiquement ses deux enfants pour ses prospections, le relevé des pièges photo, et qui peut même les faire participer aux différentes étapes du post-traitement.

C’est ludique, concret, riche en apprentissages et surtout, c’est possible !

Outre les bénéfices pour vos chérubins, vous y gagnerez dans votre relation parent-enfant et aurez la chance de développer une notion fondamentale de la parentalité : le partage.🤲

Et puis allez … j’ose ! Si vous qui lisez ça, êtes un homme avec des enfants sous le toit, et bien qu’ils soient filles ou garçon, ils verront leur papa travailler à la maison, aller les chercher à l’école, préparer à manger le midi, conseiller pour les habits le matin … 

… bref, autant de moments de vie qui vont tordre le cou au bon bon vieux cliché du  » la maman à la maison qui s’occupe des gosses et le papa qui part tôt et rentre tard le soir « . 

Mine de rien, à notre petit niveau, on participe ainsi au changement de mentalité de notre société. Cool non ? 

Un papa qui cuisine avec ses enfants, c’est chouette !

Apprendre à s’organiser au quotidien, sans culpabiliser

Il va de soi qu’il existe autant de cas de figure que de personnalités.

Certains parviendront sans problème à mener à bien vie de famille et business photo là où d’autres auront besoin de plus de temps pour atteindre cette harmonie.

Comme je le disais en préambule, il n’existe ni méthode, ni mode d’emploi et le fait d’éprouver des difficultés à gérer son temps ne doit pas être vécue comme un échec, mais comme une opportunité de s’améliorer encore, d’apprendre toujours et d’aspirer à faire mieux.

Les remises en question seront nombreuses, les doutes également. Ils sont nécessaires, voire indispensables et tout le monde à le droit de se sentir lassé, frustré et en colère.

Ces sentiments ne sont que des outils pour vous conduire vers la réussite de votre projet et de l’harmonie tant convoitée.

Méditation, punching-ball, isolement ou hurlements primaires du haut d’une montagne peuvent vous aider à gérer ce trop plein et à faire le vide pour revenir vers vos proches plus apaisé et disponible.

Conclusion

La gestion du temps de travail est un pilier central pour les photographes entrepreneurs qui jonglent entre leur business naissant, leurs obligations de salarié et leurs responsabilités familiales.

Ce n’est pas une phrase théorique vide de sens. C’est la réalité, vécue par votre serviteur depuis plus de 10 ans.

Une organisation méticuleuse mais ajustable, une discipline certaine soutenue par l’amélioration de son environnement, et des moments, aussi, de relâche, sont essentielles pour équilibrer ces différentes sphères de vie.

En priorisant les tâches, en respectant des plages horaires dédiées à chaque activité, et en impliquant la famille dans cette nouvelle dynamique professionnelle, vous augmenterez les possibilités de réussir votre reconversion professionnelle dans la photo.

Photographes indépendants : fixer vos tarifs shooting en 6 étapes

Photographes indépendants : fixer vos tarifs shooting en 6 étapes

Aujourd’hui, c’est un sujet fondamental pour tout photographe indépendant que j’aborde : comment bien fixer les tarifs de vos shooting photo et maximiser vos revenus. Prêt à obtenir des conseils concrets et efficaces ? Parfait ! Alors on y va 😊

1️⃣ Incluez votre valeur ajoutée pour fixer vos tarifs shooting

Avant de fixer les prix de vos prestations photo, il est essentiel de réaliser combien vous apportez de valeur à vos clients.

Avec cette idée de valeur ajoutée, on n’est pas loin de la notion de confiance. Car il s’agit ni plus ni moins, dans un premier temps, de prendre conscience de vos compétences uniques puis de développer votre confiance en vous. Et donc de vous sentir légitime à proposer des tarifs élevés et rentables.

Même si vous êtes un photographe indépendant qui démarre tout juste en auto-entrepreneur : votre ancienneté et votre statut n’ont aucune importance ici.

Le but : avoir une confiance telle dans ce que vous proposez, une confiance telle dans les bénéfices qu’auront les clients grâce à vous, que vos prix augmenteront en conséquence.

Il s’agit donc de ratisser large et d’aller au-delà de vos compétences techniques de photographe. Dans les tarifs de vos prestations photo, vous allez inclure bien plus que ça.

Posez-vous notamment les questions suivantes (et surtout répondez-y !😉) :

👉 Quelles compétences spécifiques avez-vous développées au fil du temps, autres que la photo ?

C’est peut-être votre aisance avec les enfants qui va faire de vos shooting famille des moments ludiques et inoubliables ? Ou alors votre connaissance d’un secteur d’activité professionnel qui va apporter à vos séances corporate la justesse attendue ?

Vous êtes passionné par les meetings aériens ou les rassemblements de voitures anciennes ? Voila une vraie compétence qui rassura les organisateurs d’événements qui feront appel à vous et qui apportera de la valeur à votre séance photo. Bref j’arrête ici, vous avez compris l’idée.

👉 Quelle est votre expérience et votre expertise dans votre domaine photo ?

Vous savez capturer les plus belles lumières sur les sites de votre région ? Les collectivités territoriales et les professionnels du tourisme vont adorer. La conduite de modèle en extérieur est votre fort ? Voila une compétence qui va plaire aux modèles qui veulent nourrir leurs réseaux sociaux.

Et si c’est l’effet miroir sur les objets qui est votre fort, ce sont vos packshots qui vont prendre de la valeur.

Tout cela doit se retrouver dans vos factures.

👉 Quels avantages un client peut-il obtenir en travaillant avec vous ?

Listez donc tous les petits plus de votre travail photo : une prestation personnalisée qui colle parfaitement aux besoins du client, la rapidité et la fiabilité de votre livraison pour que son projet avance vite, un post-traitement de qualité pour un rendu final qui renvoie une parfaite image de sa marque…

Vous avez certainement une liste longue comme le bras de bénéfices à offrir (pardon : à vendre évidemment).

Une question que je pose très souvent à mes élèves en coaching :

 » Citez-moi 20 raisons pour lesquelles vos clients ont de la chance de travailler avec vous  » (perso, j’en ai trouvé 44 ! 😎)

👉 Que devrait vous dire un client satisfait qui a bénéficié de vos services ?

Savez-vous d’avance que votre client vous remerciera pour votre capacité à le mettre à l’aise pendant le shooting ? Ou peut-être qu’il soulignera votre attention aux détails et votre parfaite connaissance de ses produits. Peut-être qu’il s’enthousiasmera pour la créativité et l’originalité de vos mises en scène ?

Voilà autant de bénéfices à ajouter à votre liste. 😊

👉 Quelle est la singularité première qui vous différencie des autres photographes ?

Cela pourrait être votre talent pour le noir et blanc dramatique ou à l’inverse votre habileté à manier les palettes de couleurs vives et audacieuses.

Ou votre singularité pourrait résider dans votre approche de la narration, où chaque photo raconte un chapitre d’une histoire émouvante.

À moins que ce ne soit votre post-traitement qui vous rende si unique ?

Parfois, on peut aussi aller chercher dans d’autres compétences que celles de la photo. Votre formation initiale, votre engagement associatif, votre club de théâtre amateur sont toujours des pistes à explorer pour alimenter votre singularité.

👉 Quand vous montrez vos photos à vos clients, au public ou à vos proches, quel est le mot qui sort de leur bouche en général ?

Imaginez ou remémorez-vous les réactions de vos clients : une entreprise admirant les portraits d’équipe que vous avez réalisés, qualifiant votre prestation de « professionnelle » et « percutante ».

Pensez aux mots du jeune couple qui découvre vos photos et qui vous félicite d’avoir si bien capturé la joie et l’émotion de leur mariage. Ou encore, un artisan heureux de la « précision » avec laquelle vous avez photographié ses produits.

Ces premiers mots de vos clients sont sans doute la plus belle preuve de la valeur de votre travail photo.

Cette liste de questions n’est pas exhaustive, loin de là, mais peut déjà vous donner des pistes (à condition, à nouveau, d’y répondre !).

Une fois que ce premier travail de recensement de la valeur globale de vos prestations photographiques sera fait, nul doute que vous allez bien plus facilement fixer des tarifs à la hauteur. En toute confiance. 

2️⃣ Positionnez vos tarifs en fonction du marché

Ce conseil est super important quand on débute comme photographe indépendant. Car même en suivant la première étape détaillée ci-dessus, croyez-moi, c’est assez inconfortable de fixer ses tarifs photo sans point de comparaison. Il faut bien commencer à écrire un premier prix.

Il est donc capital de comprendre le marché dans lequel vous évoluez afin de fixer des tarifs qui ne soient pas déconnectés de la réalité. Comprendre : ni trop bas, ni trop hauts, par rapport à la clientèle que vous visez.

Petite parenthèse en passant.

Il va sans dire que vous aurez déjà bien affiné au préalable votre marché cible. Tous les mariages de votre région ne sont pas un marché cible (trop large). Par contre, les mariés de votre région qui veulent un shooting au style burlesque ou extravagant sont un marché cible.

Les amoureux des chiens recherchant des photos de qualité de leur compagnon en pleine nature en sont un autre.

Quand c’est bon, renseignez-vous sur les tarifs pratiqués par d’autres photographes de votre région et de votre niche.

Concrètement, vous trouvez au moins 10 photographes pros de votre région, vous prenez leurs tarifs pour des prestations similaires à la vôtre, vous saisissez tout ça dans un tableur : vous aurez le plus cher, le moins cher et le prix moyen.

Les offres des photographes étant souvent présentées de manières assez différentes d’un professionnel à l’autre, essayez de ramener le tout à un taux horaire. 

Ensuite, en fonction de votre expérience et du niveau de la prestation que vous visez, vous allez pouvoir ajuster vos prix et les placer dans une fourchette basse, moyenne ou haute des tarifs pratiqués autour de chez vous.

Ça c’est plus facile à écrire qu’à faire me direz-vous ? Surtout que les supports livrés au client après la séance photo (tirages et fichiers numériques) viennent ajouter à la difficulté à comparer les tarifs.

Certes, mais vous avez aussi des indicateurs objectifs. Si vous vous lancez dans le métier, que votre réputation reste à faire et que vous ne disposez pas d’un studio de compétition, positionnez-vous sur une offre au tarif raisonnable.

De chouettes séances en lumière naturelle à un prix abordable par exemple (mais vous pourriez vendre des tirages papier et les fichiers HD en option).

Il sera ensuite temps de monter vos tarifs progressivement au fur et à mesure de vos investissements, de l’enrichissement de vos prestations et de votre notoriété (les témoignages adiant). Et de viser une autre clientèle (mais c’est déjà un autre sujet…).

Avec toutes ces données, les vôtres et celles du marché, vous aurez déjà un cadre dans lequel vous caler … ou pas ! Mais au moins vous le ferez en connaissance de cause.

Bien fixer vos tarifs shooting est capital pour gagner plus que des centimes 💪

Cependant, ne vous limitez pas à simplement vous placer dans une échelle tarifaire. Le risque serait de constater que certains vendent des shootings « pour rien ». Ne tombez surtout pas dans le piège de faire plonger vos devis au prétexte que vous avez vu passer moins cher.

Prenez en compte votre expertise, votre style photo et vos services uniques pour justifier des tarifs qui reflètent votre valeur ajoutée (reprendre l’étape 1 si ça n’est pas assez clair). Et de toute manière vous ~devez~ faire votre marge.

Avec tout cela, mettre un prix sur votre offre photographique peut vite tourner au casse-tête. Alors n’y passez pas non plus des semaines. Positionnez-vous à des prix qui vous semblent bons, avec lesquels vous êtes confortables (mais avec une toute petite friction quand même 😊) et qui cochent les cases suivantes :

  • Cohérents avec vos objectifs financiers.
  • Dans les tarifs de votre marché et en phase avec votre client idéal. 
  • Pas trop bas, au risque de ne plus pouvoir être remontés par la suite.
  • Pas trop haut si vous n’êtes pas encore un photographe de renom (sinon personne n’achètera).
  • Qui pourront être augmentés progressivement en faisant évoluer vos offres.

Et dites-vous que mieux vaut fait que parfait : une fois les tarifs de vos offres couchés sur le papier au moins vous pouvez commencer à émettre des devis et à facturer.

Avant cela, ça risque d’être compliqué… Et si vous avez respecté les conseils de cet article il sera toujours temps d’affiner vos prix quand le besoin s’en fera sentir.

Alors passons à la suite si vous le voulez bien !

3️⃣ Calculez si vos prix vous permettent bien de vivre de la photo

Là, on entre dans du précis. Et des calculs.

Car vient un moment où des prix signifient aussi chiffre d’affaires, revenus, marges et bénéfices. La première chose à faire est tout d’abord de lister tous les coûts de fonctionnement et les investissements liés à votre entreprise :

  • Vos crédits en cours pour l’achat de matériel.
  • Le loyer du local si vous en avez un.
  • Les coûts des abonnements aux logiciels et services.
  • Les frais de déplacement.
  • Les assurances.
  • Les formations.
  • Etc… Vraiment tous vos coûts.

Le tout sur un mois.

L’étape suivante, c’est de déterminer combien vous voulez gagner par mois grâce à la photo : votre salaire. Ce salaire, vous le multipliez par 3 :

  • Un tiers de la somme obtenue sera donc votre salaire net.
  • Un tiers restant ira aux cotisations et impôts.
  • Le dernier tiers sera dédié aux frais de fonctionnement listés plus haut et au matériel.

Ensuite, évaluez combien d’heures vous pouvez travailler par mois. Puis vous multipliez ce nombre d’heures de travail par votre tarif horaire. Regardez si ce chiffre d’affaires vous permet d’avoir votre salaire (chiffre d’affaires divisé par trois)

Si c’est bon, parfait. Sinon, jouez avec des variables d’ajustement : baisser ou augmenter le prix, ajuster vos coûts de fonctionnement, faire varier vos nombres d’heures disponibles.

Bon, tout ça est assez simplifié, mais cette base vous sera déjà très utile.

Un exemple concret d’entreprise photo qui débute

Je vous propose d’illustrer le calcul ci-dessus avec un exemple très concret (fictif mais trèèèès réaliste).

Prenons Mathilde. Elle est passionnée par l’équitation. Elle connait bien ce milieu et se lance dans une activité pro à plein temps de portraits équestres cheval et cavalière ou cavalier.

À temps plein, elle peut dégager en moyenne 35 heures/semaine sur l’année. Elle veut un revenu de 2000 euros/mois. Dans un premier temps.

Elle a fait une étude de son marché, dans les Yvelines, et elle a fixé le tarif de sa première offre principale à 300 euros pour une séance de 2 heures. Pour ce prix elle livre 3 tirages 20×30 cm et leurs 3 fichiers HD au choix du client depuis une galerie web.

Les autres supports imprimés ou numériques sont en option : elle sait qu’en moyenne les clients de ce type de shooting équin en commandent pour 200 euros.

Elle peut donc gagner en moyenne 500 euros pour chaque séance de deux heures passées en shooting.

C’est de la prestation plutôt haut de gamme et Mathilde sait donc que pour deux heures de prestation photo avec les client·e·s et leur cheval, il y a quatre heures de travail ensuite : post-traitement de qualité, création de la galerie web, relations avec les fournisseurs pour les tirages, archivage.

Plus une heure de transport en moyenne.

Pour avoir un revenu de 2 000 euros tout en ayant une entreprise solide, elle doit donc dégager 6 000 euros de chiffre d’affaire par mois. Soit 3 shootings par semaine.

Sachant qu’un shooting photo demande à Mathilde 7 heures de travail (la prestation de 2 h + 1 h de transport + 4h de post-traitement et livraison), elle arrive à 3 shooting x 7 heures = 21 heures de travail par semaine.

Puisque Mathilde dispose de 35 heures de temps ça marche ! Elle a bien fixé ses prix.

Elle va pouvoir utiliser les 14 heures restantes chaque semaine pour la prospection et le marketing (monter des partenariats avec les haras et les clubs équestres, être présente sur les réseaux sociaux, alimenter son site internet, participer à des événements dans sa thématique…). Et un peu d’administratif au passage 😉

Une bonne calculette, à l’ancienne, c’est parfait !

Ouf, on en a fini avec les chiffres.

Vous êtes toujours là ? Félicitations, on a vu le plus gros ! Vous pouvez poser la calculette 😊. On poursuit donc avec les 3 dernières étapes. Plutôt en réalité trois bonnes pratiques pour optimiser vos prix et vos revenus.

4️⃣ Proposez des options variées

Une astuce très efficace pour maximiser vos revenus photo : proposer des options variées à vos clients. Vous devez donc aussi en fixer les prix. Attention, il ne s’agit pas de tomber dans le syndrome Centrakkor, c’est à dire proposer des dizaines de choix. Le risque serait de noyer le prospect dans un océan d’options.

Vous l’avez déjà vu, ce qui marche bien, à raison, c’est de créer 3 ou 4 forfaits ou packages qui incluent des services et des produits supplémentaires à des niveaux de tarifs plus ou moins élevés. Ces packs sont tout prêts, le client a juste à choisir celui qui lui va le mieux.

Mais c’est possible d’aller encore plus loin en proposant des options de personnalisation à ces packages de base. Ça permet à vos clients d’e choisir d’être encore plus proches de ce qui correspond le mieux à leurs besoins et à leur budget (tout en vous donnant l’opportunité de générer des revenus supplémentaires).

Attention, ces options qui permettent d’augmenter le panier moyen ne doivent pas être considérées dans vos tarifs de base pour vos calculs. C’est du bonus.

Bref, offrir des options diversifiées à vos clients est une stratégie éprouvée pour accroître vos revenus tout en répondant à une gamme plus large de besoins. Ne vous en privez surtout pas.

Les sites de services sur abonnement sont très bons pour les packs. Ici, le connu (et utile !) Fotostudio

Nouvel exemple concret pour fixer vos tarifs shooting

Prenons l’exemple de Julien, photographe de mariage. Il a mis en place 3 packs distincts :

  1. Pack Essentiel : Il couvre le service de base, incluant une couverture photographique du mariage de six heures, une sélection de photos retouchées livrées en haute résolution et une galerie en ligne pour partager avec les invités. Tarif : 850 €
  2. Pack Signature : Julien y ajoute une séance d’engagement avant le mariage, une couverture étendue jusqu’à dix heures incluant les préparatifs, et un album photo de luxe. Tarif : 1200 €
  3. Pack Prestige : Ce forfait haut de gamme propose une couverture complète du mariage, de la préparation jusqu’à la fin de la soirée, une deuxième séance photo post-mariage dans un lieu exclusif, et un coffret de tirages d’art. Tarif : 1800 €

Chaque pack est conçu pour offrir plus de valeur et de services que le précédent, permettant à Julien de répondre aux attentes variées de ses clients tout en augmentant son chiffre d’affaires.

Il s’assure également que les options supplémentaires soient attractives sans compromettre ses tarifs de base, ce qui lui permet de séduire une clientèle plus large sans diminuer la valeur perçue de son travail.

C’est d’ailleurs un vrai talent commercial d’étager ainsi le contenu et les tarifs des packs. La difficulté étant de ne pas phagocyter un pack avec un autre plus alléchant.

La marque Apple est passée maitre dans cet art ! Faites le test en simulant l’achat d’un iMac d’entrée de gamme, ajoutez 2 options et vous vous retrouvez à 200 € de la gamme supérieure. Vous allez vite tomber dans leur « piège » en basculant presque naturellement dans l’offre supérieure.

À méditer non ?

Une capture d’écran du site Apple, une référence dans l’étagement des packs et options de tarifs.

Revenons à Julien. En personnalisant ses packs, il offre à ses clients la possibilité d’avoir une expérience qui colle au mieux à leurs envies, ce qui renforcera leur satisfaction et donc la probabilité qu’ils recommandent ses services. Magique !

Vous l’avez compris l’étagement de votre offre par la création de packs est un atout majeur.

5️⃣ Ne sous-estimez pas votre temps

Lorsque vous fixez vos tarifs photo, comme on l’a vu dans le point 3, n’oubliez pas de prendre en compte le temps que vous consacrez à chaque prestation.

Mais tout le temps ! Pas seulement celui de la prise de vue. Je sais que c’est très logique et évident, mais je préfère vous le rappeler.

Tout doit y passer : le temps de prise de vue, en retouche, en communication avec le client, en préparation et en livraison des photos. Votre temps est précieux, et il est donc important de le valoriser.

Ne soyez pas tenté de baisser vos tarifs simplement pour obtenir plus de clients. Vendre des mariages à 500 euros la journée complète ne vous emmènera pas loin (ni la profession d’ailleurs)

Tout comme n’abusez pas des promotions. Si vous ne faites que ça, vos prospects n’achèteront plus, sauf en période de promo. Ça peut être piégeux.

Concentrez-vous plutôt sur la qualité de votre travail et la valeur que vous apportez.

6️⃣ Restez flexible

Votre tarification n’est pas figée. Vous pouvez ajuster vos tarifs au fil du temps en fonction de votre expérience, de l’évolution du marché et de la demande.

J’irais même plus loin en disant que la flexibilité est la clé de la pérennité dans le métier de photographe indépendant. Votre grille tarifaire doit être vivante, prête à évoluer avec vous et votre art.

L’ajustement de vos tarifs doit aussi tenir compte des tendances du marché et des attentes de vos clients (d’où l’intérêt de faire une veille de qualité, mais c’est un autre sujet). Si vous remarquez une augmentation de la demande pour vos services, c’est un indicateur que votre travail gagne en valeur et que vos prix peuvent suivre cette ascension.

Au fur et à mesure que votre expérience s’enrichit et que votre portfolio s’étoffe de projets variés et de collaborations réussies, c’est normal, logique et sain que votre tarification reflète cette croissance.

Rien n’est gravé dans le marbre, et c’est tant mieux !

Et quand ça vous arrivera, vous devrez être transparent. Communiquez toujours toute modification de tarifs à vos clients, en justifiant ces changements par votre développement professionnel et l’amélioration continue de la qualité de votre travail.

Des témoignages positifs de clients satisfaits sont des outils puissants qui attestent de votre crédibilité et peuvent soutenir une augmentation tarifaire. Ne faites surtout pas la politique de l’autruche, la confiance gagnée auprès de votre communauté n’aimera pas du tout !

Savoir rester souple 😉, une qualité nécessaire pour bien fixer vos tarifs shooting

Fixer vos tarifs shooting : ce qu’il faut retenir

Que vous débutiez complètement en photographie professionnelle ou déjà bien installé derrière l’objectif, le défi de bien fixer vos tarifs shooting reste crucial.

D’ailleurs, mes échanges avec les membres de ma communauté portent très régulièrement sur ça (avec le nom de l’entreprise aussi ! 😊)

À la lecture de cet article, vous aurez bien compris qu’il ne s’agit pas simplement d’apposer un chiffre sur un service. Ce serait trop simple et surtout dangereux.

C’est un savant mélange, entre du scientifique bien carré et de l’intuition, pour valoriser votre art, comprendre la psychologie de vos clients, et assurer votre rentabilité !

Mon dernier conseil : passez à l’action ! Ne vous contentez pas de la lecture de l’article, au contraire, prenez votre calculatrice, votre carnet de notes et commencez à structurer des offres. Fixer vos tarifs shooting n’est pas qu’une science exacte, mais avec les bons paramètres, on fini toujours par trouver la bonne formule !

Dites moi en commentaires si cet article vous a aidé !